Chez Vladimir Poutine, c’est presque devenu un rituel de communication. Quand sa popularité fléchit, le président russe convoque les caméras pour… embrasser un enfant en public. La mise en scène s’est encore répétée, lundi 27 avril. Alors que le Kremlin s’alarme de sondages au plus bas, plus de quatre ans après l’invasion de l’Ukraine, le président russe est sorti de son mutisme médiatique pour se rendre, ce jour-là, dans un centre sportif de Saint-Pétersbourg.
Face à une vingtaine de jeunes filles en justaucorps noirs, alignées et intimidées, il a lancé la conversation sur leur âge et leur goût pour le ballet. La séquence fut brève. Mais elle a vite fait le tour des médias au service du Kremlin. Vladimir Poutine, raide et stoïque, comme à son habitude, a fini par embrasser le front d’une des danseuses, 10 ans, puis par caresser le chignon d’une de ses camarades. « Merci ! », ont-elles lancé au chef du Kremlin avant que celui-ci ne quitte le gymnase, flanqué de ses gardes du corps.
La dernière scène de ce type datait de juin 2023, après que la mutinerie d’Evgueni Prigojine, le chef des mercenaires du Groupe Wagner, avait failli faire vaciller le régime de Vladimir Poutine. A l’occasion d’une visite au Daghestan, république du Caucase russe, le chef du Kremlin avait, au milieu d’une foule d’habitants, embrassé sur le front une adolescente, malgré les strictes règles anti-Covid, alors en vigueur dans l’entourage du président. « La séquence du baiser à Saint-Pétersbourg est un signe certain que Poutine s’inquiète de la baisse de sa popularité », ironise Farida Rustamova, politiste russe en exil, rédactrice en chef du site Vlast (« le pouvoir »).
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